Édouard BARAT un poilu Morvandiau

Publié par Pierre MILLET

Médaille Militaire - Croix de Guerre avec Palme - Légion d'Honneur

Médaille Militaire - Croix de Guerre avec Palme - Légion d'Honneur

Il m’a semblé intéressant de rendre hommage à un Poilu que j’ai bien connu dans mon enfance (dans les années 50) et que j’admirais. Qui plus est, il fut mon parrain pour mon baptême à 10-11 ans, n’ayant aucune trace d’un baptême précédent. Celui-ci était nécessaire pour faire ma Communion.

C’était un personnage respecté dans la commune dont il était par ailleurs le Garde-champêtre. Il n’était pas grand, plutôt rond, avec des cheveux blancs et une belle moustache comme on aimait à l’époque. Il me faisait un peu penser à Clémenceau. On l’appelait « Capitaine » grade qu’il avait effectivement obtenu dans la Réserve après la guerre 14-18. On pourra constater plus bas qu’il a progressé rapidement dans les différents grades d’officier subalterne dans l’armé durant son service et la Guerre.

On parlait de lui comme d’un héros de la Grande Guerre parce qu’il avait combattu courageusement les « Boches » et qu’il avait eu un comportement valeureux durant le conflit. D’ailleurs, les citations qu’il a reçues et que vous pourrez lire plus bas, en font foi.

J’ai le souvenir d’un homme simple et gentil, même s’il pouvait faire peur par son air bourru, mais j’aimais lui rendre visite à différentes car il n’habitait pas loin du lieu où je résidais alors. Il avait à l’époque entre 65 et 70 ans. C’était un cousin de la famille qui m’hébergeait. On l’appelait donc « le cousin Édouard ». Après la guerre, il avait épousé celle qui avait été sa « Marraine de Guerre » et qui était veuve de Guerre. On avait toujours droit à des gâteaux quand on allait les visiter.

À chaque 11 novembre, c’est lui qui égrenait les noms de toutes les victimes de la guerre, devant le monument aux Morts de St Brisson. Les enfants de l’école, dont je faisais partie, répondaient après chaque nom : « Mort pour la France ». Je trouvais toujours ça un peu long, il y avait quand même une cinquantaine de noms.

Il est décédé en 1973. Il avait été amputé d’une jambe suite à une gangrène. Il était resté marqué par cette terrible guerre. Je n’étais plus à St Brisson à son décès.

Il a eu tardivement la Légion d’Honneur, peu avant sa mort. La République est parfois longue à reconnaître ses héros, malheureusement. Quand je pense qu’aujourd’hui on distribue la Légion d’Honneur à n’importe qui par simple copinage souvent ça me fait rager.

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Fiche Matricule d'Edouard BARAT à Nevers

Fiche Matricule d'Edouard BARAT à Nevers

Biographie :
Édouard BARAT est né le 10 avril 1891 à Saint-Brisson (Nièvre) et était le fils de Pierre Lazare BARAT et Lucie Marie CHOPARD mariés le 22 juillet 1890 à Saint-Brisson. Il s’est marié le 21 octobre 1919 à St Brisson avec Maria JACQUET, veuve de Guerre. On l’appelait plutôt Hélène. Il est décédé le 2 novembre 1973 à St Brisson.
Parcours militaire :
Lors de son Conseil de Révision à Montsauche (Nièvre), en 1912, il était menuisier-ébéniste de profession et résidait à Saulieu (Côte d’Or).
Il est incorporé au 10e Bataillon de Chasseurs à Pieds à compter du 1er Octobre 1912. Il passe chasseur 1ère classe le 24 Février 1913.
Il passe Caporal le 18 Mai 1913 et Sergent le 7 Novembre 1913.
 
Guerre 14-18 :
 
Adjudant le 10 Mars 1915, Adjudant-chef le 21 Juin 1915.
Il est promu Sous-Lieutenant de Réserve à Titre Temporaire et pour la durée de la Guerre par Décision Ministérielle du 13 Octobre 1915 pour prendre rang du 1er Octobre 1915 (J.O. du 28 Octobre 1915).
Promu Sous-Lieutenant de Réserve à Titre Définitif par décret du 21 Avril 1916. Ancienneté comme Sous-Lieutenant à titre définitif fixée au 8 Octobre 1915 par application de la loi du 10 Août 1917 (J.O. du 27 Octobre 1917).
Promu Lieutenant à Titre Temporaire le 25 Mars 1917 (D.M. du 31 Mars 1917).
 
Détaché au Service de l’Aviation comme Élève-Pilote le 18 Juin 1918. Guidé sur le Dépôt du 1er Groupe d’Aviation à Dijon le 18 Juin 1918.
Promu Lieutenant à Titre Définitif le 1er Mai 1917 (J.O. du 8 Mai 1917).
 
Envoyé en congé de démobilisation le 20 Août 1919, 8e échelon n° 613 par le Dépôt de Démobilisation du 13e R.I.
 
Se retire à Saint-Brisson (Nièvre).
 
Affecté pour la Mobilisation au 10e Bataillon de Chasseurs à Pieds (J.O. du 5 Février 1921).
Passé au 13e R.I. par .D.M. du 16 Décembre 1921 (J.O. du 21 Décembre 1921).
Affecté au 95e R.I. le 1er Janvier 1921. B.M. du 14 Septembre 1923. (J.O. du 15 Septembre 1923).
GRADE : Capitaine de Réserve du 18 Juillet 1925.
 
Campagne contre l’Allemagne :
  • du 2 Août 1914 au 20 Août 1919.
Blessures :
Blessé au Combat de Ste Barbe (Vosges) le 25 Août 1914 : éclat d’obus, plaie cuir chevelu.
Blessé à Notre-Dame de Lorette (Pas-de-Calais) le 17 Juin 1915 : éclat d’obus sur la main droite.
Citations :
Citation à l’Ordre de l’Armée (J.O. du 24 Septembre 1915 – voir copie ci-dessous) :
« A brillamment conduit sa section à l’ennemi dans les journées des 3 et 4 Mars, 16 Mai et 17 Juin, deux fois blessé, a tenu à conserver son commandement. Tombé momentanément entre les mains des Allemands (17 Juin), a fait preuve de la plus grande énergie, de la plus courageuse décision en s’échappant des lignes allemandes pour rejoindre sa compagnie ».
 
G.Q.G. Ordre N° 17430 (J.O. du 23 Octobre 1915) :
« Sous-officier modèle, d’une énergie et d’un courage à toute épreuve, a montré un élan remarquable le 25 Septembre 1915 en entrainant sa section à l’assaut sous le feu croisé de plusieurs mitrailleuses ennemies ».
 
Ordre du Bataillon N° 43 :
« En l’absence de son officier de peloton, a réussi à faire travailler son peloton bien près des lignes allemandes malgré un bombardement et un feu violent d’infanterie ».
 
O/O du C.A. N° 52 du 17 Juin 1918 :
« Le 3 Juin 1918 s’est cramponné au terrain avec ténacité, tenant tête aux attaques répétées de l’ennemi ».
Décorations :
Médaille Militaire (pour prendre rang du 1er Octobre 1915). J.O. du 23 Octobre 1915.
Croix de Guerre avec Palme.
 
Guerre 39-45 :
Rappelé sous les Drapeaux (Décret de Mobilisation Générale).
Arrivé le 2 Septembre 1939. Affecté le dit jour Dt Infanterie 52.
Dirigé le 20 août 1940 sur le Centre de Démobilisation de Benevent (probablement Bénévent dans la Creuse) où il est démobilisé.
 
Rayé des contrôles le 30 Août 1940.
1 - Citation à l'Ordre de l'Armée - J.O.du 24.09.1915 - 2 - Attribution de la Médaille Militaire - J.O. du 23.10.1915
1 - Citation à l'Ordre de l'Armée - J.O.du 24.09.1915 - 2 - Attribution de la Médaille Militaire - J.O. du 23.10.1915

1 - Citation à l'Ordre de l'Armée - J.O.du 24.09.1915 - 2 - Attribution de la Médaille Militaire - J.O. du 23.10.1915

Légion d'Honneur - date inconnue - dossier demandé

Légion d'Honneur - date inconnue - dossier demandé