Le Carnet de Guerre du Sergent Firmin BIDARD - 2ème Partie

Publié le par Pierre MILLET

La Butte de Vauquois - Par TCY (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0) ou GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html)], via Wikimedia Commons

La Butte de Vauquois - Par TCY (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0) ou GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html)], via Wikimedia Commons

Ma Bataille de VAUQUOIS.
 
8 Juin 1915
Nous partons à 7 heures du soir, nous ne savons pas où. Il n’y a pas de doute, nous allons vers le Front. Nous traversons les Islettes et apercevons de grands bois à droite et à gauche : C’est la Forêt de l’Argonne. Voici Clermont en Argonne. Quel pénible spectacle : pas une maison ne reste debout, les Allemands ayant incendié et détruit le pays. Notre marche continue. Un convoi de plus de 100 autos – camions qui transportent des troupes nous croisent sur la route. Il y a tellement de poussière que nous sommes aveuglés ; nous ne pouvons plus respirer. La marche est exténuante et longue. Le son du canon se rapproche et des fusées illuminent de temps en temps l’horizon, elles partent des premières lignes et cependant elles paraissent proches.
Enfin, arrêt, nous cantonnons dans des granges au petit bonheur. Toujours pas de paille, cependant quelques bâtiments en sont bien pourvus.
Nous sommes à Parois à 7 kilomètres du Front.
On ne peut dormir tellement les rats pullulent et que de puces et de poux !! On trouve à peu près de tout
10 Juin 1915
Nous montons vers les tranchées, au petit jour et arrivons à la Barricade à 7 heures au pied de Vauquois, les Boches sont à 100 mètres.
Quelle tragique vision et quelle odeur cadavérique. Des milliers de soldats, plus de 10 000 nous dit-on, sont enterrés là. Nous prenons possession de petites cahutes en terre, mal closes et empuanties sans couchettes, sans paille : rien. Je suis surpris de ne pas entendre un officier nous encourager. Pas un ne fait ce geste pour la première impression.
Les balles sifflent : les obus tombent et pas d’abris que ces petites guitounes, qui toutes portent une Devise !! Au toto qui tête, au toto baladeur, à la puce qui renifle, au petit Fontainebleau, etc etc…
Le ravitaillement se fait à chevaux avec petit Decauville. La nourriture par ces chaleurs est détestable, puis nous n’avons pas de cuisine roulante, nous faisons la cuisine avec les petits Bouthéous par escouade
La chaleur est terrible, la viande est verte, on a plus soif que faim et pour toute boisson ¼ de vin par jour.
Une source pas loin mais contaminée parait-il par le grand nombre de cadavres qui l’environnent.
On ne peut plus tenir on boit de cette eau.
Nous sommes tous bien tristes, le soir nous montons à Vauquois des corvées de munitions, des rondins de (illisible) et (illisible), des claris et des gabious ; ces corvées sont pénibles car la côte est très dure à monter. Sur cette côte existait Vauquois, ce n’est plus qu’une butte réduite en poussière et l’on se demande comment nos soldats ont pu conquérir cette position.
3 fois dans la nuit nous faisons cette corvée de bois et de munitions, nous rentrons au petit jour et à 6 heures debout.
11 Juin 1915
Je suis désigné avec Vignaux pour faire un stage comme téléphoniste au QG à Clermont en Argonne. Cela m’ennuie de quitter les camarades mais le Sergent-major insiste en nous faisant entrevoir que nous aurions des chances de rester au Q.G. : J’en doute ? Réunion à 10 h au poste de police où nous trouvons d’autres téléphonistes désignés comme nous pour faire ce stage : plus de doute, c’est pour constituer une équipe dans le Bataillon (de téléphonistes).
Comme plus ancien soldat de 1ère Classe, je conduis le détachement. Arrivons à 6 heures à Clermont, rien à manger, notre subsistance n’ayant lieu qu’à partir du lendemain.
Nous cherchons en ville ou plutôt dans les ruines, on nous offre du mousseux à 5 F. la bouteille. C’est tout ce que nous pouvons trouver.
Nous couchons sur des nattes en bambou dans un baraquement dressé sur les ruines.
du 11 au 13 Juin 15
Nous faisons notre stage de téléphonie, théories, montage de postes de lignes, réparations, etc…
Nous sommes avertis que nous rejoignons nos Cies. Il faut encore transporter notre fourbi par cette chaleur épouvantable.
Le lieutenant Broquavie Commandant le Service Télégraphique de la 5e C.A. nous fait profiter d’un camion-auto jusqu’à Bertrametz près Vauquois. Le Sergent Proi (ou Proz) de la 4e, désigné pour nous ramener nous fait le petit discours suivant ayant reçu quelques obus à la Barricade la veille : « Le premier qui cause, vous savez maintenant, il n’y a plus de discipline : je lui fous mon poing dans la gu…. ». Nous rions et avons pitié de ce malheureux complètement démonté par quelques obus reçus.
Le soir nous remontons à Vauquois ; corvée de munitions. Nous ne faisons qu’un voyage.
14 Juin 1915
Nous prenons (la 1ère section) les tranchées de 2e ligne à l’avant-garde, nous continuons les corvées le soir.
15 Juin 1915
Une épidémie de cholérine s’abat sur notre bataillon. Beaucoup de camarades sont gravement atteints et doivent être évacués : l’ami Vigier est du nombre, la moitié des hommes ne tiennent pas debout, néanmoins, nous faisons 3 voyages de nuit à transporter de lourds rondins au Bois Noir ; il est 3 heures du matin au dernier tour.
16 Juin 1915
Je passe avec l’ami Vignaux au 89ème comme téléphoniste. Nous partons à 10 heures et sommes heureux de quitter cette galère. Deux hommes sont tués au Bataillon en allant aux corvées de Vauquois.
Le 89e allant au repos à Ville s/Cousances, il nous faut encore une fois trainer tout le Barda, et c’est à 27 kilomètres. Nous partons avec l’équipe téléphonique qui vient d’être relevée par celle du 31e. Il fait une chaleur épouvantable : ces marches nous épuisent et nous avons du mal à arriver.
du 16 au 20 Juin 15
Au repos à Ville s/Cousances. Ce repos nous est salutaire, nous allons chaque jour faire nos ablutions à la Cousances joli petit cours d’eau qui longe la vallée. Ce repos est complet : nous ne sommes astreints à aucune corvée. J’ai toujours la diarrhée, je maigris beaucoup.
20-21 Juin 1915
Nous remontons dans la nuit à Vauquois, partons à 6 heures du soir. Dieu que cette marche de nuit est pénible et fatigante. Les jeunots de l’active sont beaucoup plus alertes que nous et nous fatiguons beaucoup pour les suivre.
La diarrhée qui ne me quitte pas m’affaiblit. A Neuvilly, je n’en peux plus. Je ne peux plus suivre, les camarades m’encouragent et je repars, je ne ferais pas un mouvement pour éviter un obus tellement je suis fatigué.
Enfin à 3 heures du matin, nous arrivons. Je suis au poste de la Barricade, en ligne à Vauquois : 2e ligne de Vauquois.
21 au 27 Juin 1915
Quelques bombardements sur la Barricade, nous ne sommes coupés que 3 fois. Je vais à chaque (fois) réparer et monte tous les jours la popote au Mamelon Blanc où se trouve le Sergent et 3 hommes. Toujours la diarrhée. Dans la nuit (du 27 au 28) nous partons à 3 heures du matin pour Ville s/C. au repos. Même voyage pénible, mais il fait jour.
du 28 au 3 Juillet 1915 - repos
Remonté à Vauquois, cette fois je suis si exténué que je demande aux camarades de me fiche une balle dans la peau : je n’en peux plus de me trainer. Je me couche dans un fossé : les camarades ne peuvent m’attendre car le petit jour commence à pointer et les balles pleuvent dans ce passage.
Je me traine comme je peux et arrive une heure après les autres.
Je prends le poste de la place d’Armes à Vauquois avec Duvernay, un charmant camarade du 89e. Il me fait reposer et lui prend la garde aussitôt – quoique bien fatigué lui aussi. J’ai toujours la diarrhée et j’ai dû aller au moins 20 fois au cours de la route.
Une odeur cadavérique se dégage de toutes ces pierres. C’est à faire mal au cœur.
Violents bombardements. Torpilles et crapouillots. On est à 6 mètres.
Je vois descendre des morts et des blessés chaque jour. Un malheureux a les deux cuisses arrachées et n’est pas mort encore. Comme il se plaint beaucoup, j’assiste à cette pénible scène. Un officier l’attrape et lui dit de se taire !!!
Je visite chaque jour la ligne de Cigalerie Ferme et Bois noir : nous sommes coupés plusieurs fois
11 Juillet 15 – retour
Au repos à Ville s/Cousances.
13 Juillet 15
Violente attaque allemande au ravin des Meurissons. Le Canon fait rage de part et d’autre, les gens de Ville sont inquiets, on craint toujours un retour offensif.
Le 89e qui était au repos depuis 2 jours est immédiatement emmené en auto-camions sur le lieu d’attaque.
Le train blindé a sonné dans Parois et à Courcelles sans discontinuer. Que se passe-t-il ?
14 Juillet 15
L’attaque continue. Nous recevons l’ordre de nous tenir prêts à partir pour 6 heures à Argonne à 10 heures le soir. C’est décommandé : l’attaque est enrayée et finalement repoussée. Un Bataillon du 66e chasseur à pied fait merveille et charge sac au dos. Amené en auto, il n’a même pas le temps d’enlever les sacs. Le 89e arrivé en renfort charge à son tour. Nous avons 8 officiers tués, 16 Blessés et 350 hommes hors de combat. Les pertes allemandes seraient énormes.
18 Juillet 15
Funérailles à Ville-sur-Cousances des 8 officiers tués à l’ennemi. Les téléphonistes, dans la cérémonie, assurent le transport des cercueils et les descendent en terre. Le Général Valdaut, Commandant la Division 10e fait un dernier éloge avec adieux à ces braves. Tout le monde a les larmes aux yeux.
Le soir, nous mangeons en vitesse pour remonter à Vauquois quoique le 89e ne fusse (fût) pas encore descendu du champ de Bataille. Nous assurerons le service du 31e qui est en ligne .
En cours de route, mon ami Vignaux est pris d’un malaise, il a essayé de rendre, il ne tient plus sur ses jambes. Je lui offre mon bras et cahin-caha nous gagnons Aubreville, là il ne peut plus aller. Assis sur le parapet du pont, il se demande s’il pourra continuer.
Je suis bien inquiet pour lui. Il rend, cela le soulage un peu, mais il est toujours bien faible : de mon côté j’ai toujours la diarrhée et ne suis pas solide non plus. Nous sommes exténués. Néanmoins, ramassant ce qui nous reste d’énergie, nous suivons l’équipe et arrivons au Bois Noir où nous prenons le poste Rochet, Vignaux, Régnaux (nom surchargé) et moi. Nous nous souviendrons l’un et l’autre de cette nuit.
19 Juillet 15
Violent bombardement sur la Cote 263 que nous attaquons. Les Allemands font un tir de barrage dans notre secteur avec tous calibres. 3 ou 4 – 210 – tombent devant notre poste.
Nous réparons l’entrée du poste tandis, qu’impassible sous les obus, le caporal répare ses lignes coupées de tous côté. Nous n’avons plus aucune chaise.
L’attaque de la cote 263 n’a rien rendu.
Le 25 Juillet 15
Nous changeons de secteur. Le 89e qui redescend des Meurissons après quelques jours de repos à Aubréville prend le secteur des Boureuilles. Avec Vignaux, je prends la Coste de la Branière et la ferme de Buzeinout.
Le 31, Nous rejoignons le 29e Territorial (notre régiment) qui est à la Chalade (Lachalade). J’apprends que Maréchal est très grièvement blessé.
Le 1er Août 1915
Nous partons pour rejoindre le 29e Territorial mais en arrivant à Clermont-en-Argonne nous apprenons qu’il fait mouvement pour revenir à Parois.
Nous provoquons à Clermont des instructions auprès du Lt du Génie Broquières, Télégrapht du 5e CA.
Il nous informe que nous rejoignons notre bataillon pour y former un groupe téléphonique. Nous trouvons en arrivant à Parois, le 3e Bataillon qui arrive de Paris à son tour, étant parti du 28 Juillet.
2 Août 15
Devons partir faire des travaux de Terrassement aux Côtes Porimont. Contre-ordre est donné le soir. Personne ne s’occupe de nous et l’on semble nous ignorer. Nous regrettons le 89e d’Infanterie où cependant nous étions 6 jours sur 12 à Vauquois sous le bombardement.
3 et 4 Août : Remis à la disposition de la Cie télép. du 5e C.A. nous montons à Vauquois deux fois dans la nuit, des grenades et munitions avec nos toiles de tente.
Le 6 : l’Équipe téléphonique du 29e passe au 331e à la date du 7 et sommes versés à la Cie de Réserve de la 20ème. Poste des « Allieux », attendons des instructions du C.A. de Clermont en Argonne.
Portenseigne va au Poste des Allieux et Royer à Cigalerie Butte.
Le 7 : je vérifie avec Vignaux les lignes de Cigalerie Butte et le 8 : celle des 4 Enfants (Buanthe). Le 9, pris possession du matériel téléphonique du 29e Territorial, à la Barricade (Vauquois), nous avons reçu pendant ce temps 52 obus de 77 et 150, fusants et percutants.
Le 10 : allons au repos à Parois et passons à la C.H.R. du 29e Territorial.
Le 11 : Parois est bombardé de 45 obus de 150 et 210 pour essayer de couper ligne du chemin de fer. 13 et 14 : dito.
16 : je remonte à la Buanthe Cigalerie avec Branger, sommes bombardés en passant aux Allieux et le soir en allant au courrier au Mont, 5 obus et 88 fusants éclatent au-dessus de moi : je ne suis pas atteint.
Même jour, forte attaque allemande à la cote 280. 17 et 18 : journées calmes. 18 : sommes arrosés, notre poste avec du gros calibre : 210.
Le 19 : Arrosé encore en allant au courrier. 20 à 22 : Journées calmes.
23 : Descendons au repos à Parois où nous mangeons des champignons cueillis en passant dans la forêt.
24 au 27 : Fêtons la St Louis à Riau Louis (??? Louis a été rajouté avec un autre stylo).
Le 28 : Violent orage, la foudre tombe sur le clocher de Parois à 5 mètres de nous.
Le 30 : Je remonte au front, poste des 4 Enfants avec Thibault où j’ai réparé nos lignes coupées 2 fois. Jusqu’au 5 sept. : Journées calmes. q.q . obus. Branger nous quitte pour Puteaux affecté « Métallurgiste ». Fini pour lui.
6 Sept. : Redescendu au Repos à Parois où je prends le Poste du colonel Flertz jusqu’au 12. Le 13 : Remonté au front au 331e, poste de Buanthe-Centre avec Mauger du 331e.
Le 14 : Violent bombardement de tous calibres, toutes nos lignes sont coupées. Réparons et déjeunons copieusement avec les colis reçus enfin en ligne.
15 : Journée assez calme. q.q. obus.
Le 16 : En allant me débarbouiller dans un trou d’obus, je reçois dans les jambes un 88 Autrichien. Je suis criblé de boue, ma serviette est trouée par des éclats, un camarade brancardier est tué à côté de moi et un autre blessé au ventre. Je me tâte de tous côtés pour voir si je ne suis pas blessé. Non, rien. Je l’ai échappé belle, heureux que j’aie avancé d’un pas pour dire à Mauger de prendre la soupe car, c’est moi qui écopait.
Maugé faillit l’être à son tour par un 2e obus 10 minutes plus tard, alors qu’il cherchait la fusée du 1er pour les bagues d’aluminium. Nos lignes sont coupées de tous côtés.
17 : Vive fusillade dans la nuit ; Une patrouille boche cherche à enlever un de nos petits postes avancés et tout le monde est en branle-bas de combat.
Du 20 au 25 Sept. : Violents bombardements en vue d’une attaque générale de notre part. Le 24, un avion Boche laisse tomber 5 bombes, font 3 tours près de notre poste. Drôle d’impression d’entendre tomber ces engins d’en haut. Le 26 : un 210 éclate près de moi en allant au courrier aux Allieux : j’ai de la veine encore, pas blessé, par contre, un gros chêne près de moi, brisé en deux. 2 blessés dont a la jambe coupée.
Nos lignes téléph. Sont brisées (Réparons). On annonce le soir, officiellement, une avance en Champagne et en Artois avec 18 000 prisonniers faits. Nous sommes en joie.
27. Violents tirs d’artillerie à la cote 263 et crapouillotage (tir au mortier) intensif à Vauquois, sur notre gauche.
Violent orage le soir. Nous avons dû retirer plus de 50 litres d’eau pour rentrer dans notre sape et y coucher.
Le 28. Il est confirmé que nous avons fait en Champagne 23 000 prisonniers et pris 70 canons.
Le 29. Nouvelle prise de 2 000 prisonniers avec de nombreux 105 (Fausse nouvelle) (souligné 2 fois).
29. Tout le monde est à la joie, on annonce 40.000 prisonniers et 200 canons pris. On se prépare pour une de campagne, hélas, le 30, on annonce que l’attaque est terminée et à la joie en délire, suit la tristesse de rester encore sur place.
1er Oct. 1915. Comme notre poste téléph est sous terre, je suis arrivé avec Maugé à faire, avec une perche, un trou dans la sape et une petite cheminée dans la terre, ce que nous sommes heureux de faire un peu de feu, la nuit quoique défendu, quel bon feu de bois, on est enfumé, mais heureux. Je grimpe la nuit couper dans les arbres de grosses branches de hêtre et au bruit des coups de serpe que je fais, les Fritz tirent à la mitrailleuse : ils croient que c’est en bas et j’entends les balles siffler en dessous de moi et je rigole. Néanmoins, j’attends 5 minutes avant de descendre et de me sauver avec une branche. Quelle vie ! Il nous faut supporter.
Le 12 Oct. Il y a 29 jours que nous sommes au Poste Buante-centre, nous sommes relevés et descendons au repos au 29e à Parois, où 3 ateliers sont constitués. Je commande le 1er atelier téléphonique.
1.400 couteaux de nettoyeurs de tranchées sont distribuées aux 31e et 48e.
19 à 21. Je suis de service au poste de Parois jusqu’au 25 au soir.
Le 26. Je pars en permission de 6 jours à Paris et le 3 Novembre, je suis de retour à Parois.
 
 
 

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